HeroicFantasy


Kerig : fils adoptif du Haut druide et cousin de Elane. Il fait partie du clan des Corbeaux, un groupe de druides nés de mères violées par les Romains après le massacre de l’île de Deva. Il leur voue une haine farouche que rien ne pourra jamais effacer.


Ardanos : Haut druide, père adoptif de Kerig et grand père d’Elane. Il a une rancœur plus mesurée envers les Romains.


Elane : Haute Prêtresse des Celtes depuis quelques années, elle vit sur l’île d’Avalon. Elle est la porte parole de la Déesse. Elle a du renoncer à son amour pour Gaius afin d'assumer le rôle de Haute Prêtresse que la Déesse lui a confié...


 

Gaius : Soldat romain, amoureux d'Elane depuis de nombreuses années. Il s'est cependant marié avec une romaine, Julia, fille de préfet, par pure ambition, suite aux harcèlements de son père mais aussi pour étouffer le scandale qui guettait la femme qu'il aime. A ce moment de l'histoire, il est en campagne pour mater le clan des Corbeau, qui prépare une rebellion contre l'occupant romain.

Elane s’apprête à accueillir la Déesse en son corps pour les cérémonies de Beltane.


Quelle forme va bien pouvoir prendre la Déesse cette fois ? La Jeune Vierge, la Mère Eternelle, ou bien encore la Vielle Femme la Mort? Les présages qu’elle va annoncer seront-ils heureux pour le peuple de Bretagne ? La révolte des Corbeaux qui se prépare contre les Romains va-t-elle se calmer, ou au contraire, va-t-elle empirer ?…

Cathubodva

le 24/03/2006 à 12h42
Extraits de "La colline du Dernier Adieu", de Marion Zimmer Bradley, 1994

"Au même moment, tous les mouvements de foule refluèrent jusqu’au lieu de la cérémonie. La lame des épées brilla et la voix rauque d’un homme déchira l’ombre :

- Grande Reine, entends notre prière ! Cathubodva, nous t’invoquons ! Dame des Corbeaux, venge nos fils !


Ardanos, le visage crispé, se tourna vers celui qui avait parlé pour lui imposer le silence, mais l’intensité dramatique du message avait fait son œuvre. Des ombres ailées se mirent à tournoyer sur la foule ; un vent froid ranima la flamme des feux et le corps d’Elane sur le trépied parut se dilater soudain. Abandonnant son immobilité, la Haute Prêtresse s’assit très droite et rejetant son voile, déclara d’une voix forte :


- Peuple de l’Île de Bretagne, j’ai entendu votre appel. Me voici ! Qui parmi vous ose m’évoquer ?"

Ton sang nourrira la terre

le 24/03/2006 à 12h54

"Un long murmure de crainte parcourut l’assemblée, suivi d’un silence absolu. Puis un guerrier s’avança en claudiquant, franchissant le cercle de lumière. Elane reconnut aussitôt Kerig, la tête bandée, une épée sanglante à la main.


- Mère, c’est moi qui t’appelle, moi qui t’ai toujours servie ! Dame des Corbeaux, lève-toi maintenant et attise notre colère !


Lentement alors, la haute silhouette se dressa. A la lueur du feu, Son visage et Ses cheveux étaient aussi rouges que l’armure de Kerig.


- Oui, tu m’as toujours servie, clama la voix éraflant le silence. Des têtes coupées, des corps désarticulés, telles sont tes offrandes ! Tu n’as que du sang pour toute libation. Les gémissements des femmes, les plaintes des mourants sont ta musique sacrée ; des corps humains alimentent tes feux rituels… Oui, tu m’as évoquée, corbeau rouge ! Que veux-tu donc de moi ? Parle, puisque j’ai répondu à ton appel !"

Notre cause est juste…

le 24/03/2006 à 13h56
"La vision avait un sourire effrayant et, malgré la douceur de la nuit, un vent glacé balaya soudain la colline, comme si Cathubodva la terrible avait elle-même éteint le soleil et la Lune à jamais. Pétrifiée, la foule recula et seuls demeurèrent face à face Kerig, Ardanos et les deux assistantes de la Haute Prêtresse.

- Déesse, anéantis les envahisseurs, abats les spoliateurs ! La victoire, c’est la victoire que je te demandes instamment !


- La victoire ? La Déesse de la Guerre eut un rictus haineux. Je ne donne pas la victoire – je suis l’épouse des combats, la mère dévorante ! La mort est la seule victoire que tu puisse trouver dans mes bras !


Elle leva les mains, fit voler les plis sombres de sa cape et, cette fois, Kerig lui-même eut peur et fit un pas en arrière.


- Déesse, notre cause est juste, parvint-il seulement à dire.


- La justice ! Qu’appelles-tu justice dans les guerres des hommes ? Tout ce que les Romains vous ont fait, des hommes de ta race l’ont fait à d’autres, à ceux qui occupaient ce pays avant eux ! Ton sang nourrira la terre, que tu meures dans la paille ou sur un champs de bataille. Pour Moi, la moisson est la même !"

« Fuyez ! »

le 24/03/2006 à 14h09
"- Dame, demanda encore Kerig d’une voix rauque, je t’en conjure, dis-nous ce que nous devons faire…

- Fuyez ! Fuyez car vos ennemis arrivent.


La Déesse de la Guerre parlait d’une voix monotone, indifférente. Elle leva la tête et son regard parcourut l’assemblée.


- Tous, tous autant que vous êtes, partez, partez vite ; peut-être alors, pourrez-vous vivre encore un peu !  […]  Fuyez ! répéta-t-elle en étendant les bras d’un geste impérieux, déclenchant cette fois une panique générale. Fuyez ! La mort est en marche. Elle approche !


Ce fut alors une indescriptible débandade. Des hommes et des femmes s’enfuirent en tous sens, renversant et piétinant les corps qui leur faisaient obstacle, telle une monstrueuse avalanche emportant tout sur son passage.

- Kerig, fils de Junius, sauve-toi ! hurla la Haute Prêtresse couvrant le vacarme et les cris. Cours ! Fuis ! Les Aigles arrivent !


Mais, encerclant la colline, grondait déjà le tonnerre des roulements de tambour, retentissait lugubrement sur la terre le sourd martèlement des sabots de la cavalerie romaine qui chargeait."

La Vision

le 24/03/2006 à 19h07
"Maudissant le destin qui l'obligeait à pourchasser Kerig et les siens, Gaius aperçut soudain devant lui un éclair métallique, la face livide et menaçante d'un fuillard grimaçant de colère et de peur. Entraîné au maniement des armes depuis dix ans, son réflexe fut immédiat. Il dégaina sur-le-champs et plongea son glaive dans la poitrine de l'ennemi qui s'écroula sur le sol sans même pousser un cri. [...]

C'est alors que retentit le cri, un hurlement, une plainte si brabare que son cheval se cabra et se mit à hennir de terreur. Lui-même, glacé d'effroi, eut bien du mal à rester impassible en découvrant le visage horrible qui venait de se dévoiler, une tête de Furie aux cheveux dressés, pareils à des serpents, prêts à cracher leur venin et à mordre.

Rejoint par plusieurs de ses hommes, Gaius parvint enfin à s'arracher à ce spectacle monstrueux. Des hommes, sous l'emprise d'une terreur sans nom, sortaient eux-même des fourrés avoisinants, devançant quelques druides qui soutenaient un grand vieillard vêtu de blanc."

Elane

le 25/03/2006 à 11h20

"D’un seul regard, Gaius reconnu Ardanos désignant derrière lui des prêtresses aux robes bleues qui cherchaient à descendre du trépied, placé au faîte d’un monticule, ce qui semblait être une forme allongée et inerte.


- Nous les avons dispersés, vint enfin rendre compte un sous-officier.

- Ils n’ont pas dû aller très loin. Tâchez de les rattraper tous et tiens-moi au courant de la situation, répondit distraitement Gaius, hypnotisé par la scène qui se déroulait sous ses yeux.


Il descendit de cheval et s’avança vers le petit groupe. Parvenu près des femmes, il constata sans surprise que Kellen se trouvait parmi elles, le défiant du regard. Mais seule comptait pour lui la forme humaine allongée sur le sol.

Il fit un pas de plus, mit un genou à terre et écarta le voile : une femme au visage blafard, immobile, le transperçait de son regard.


Et il sut alors avec une effroyable certitude que cette femme était à la fois Elane et la Furie."

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