Extraits de "Le secret de Ji",
de Pierre Grimbert, 1999
Corenn prit une longue inspiration et se lança.
- Après ce que tu as vu hier, je pense que tu ne trouveras pas ma question trop étrange. Yan, crois-tu à l’impossible ?
- Oui, bien sûr, répondit-il sans hésiter.
Il ressentit le besoin d’expliquer cette réponse un peu naïve.
- Je veux dire, je l’ai vu, n’est-ce pas ? On l’a tous vu. N’importe qui peut raconter n’importe quoi, ça ne prouve rien. Mais hier, j’étais là. J’ai vu la porte. J’ai vu l’autre monde. Et s’ils sont réels, d’autres choses peuvent l’être aussi.
Corenn s’arrêta, s’étira en observant les environs. La réponse la satisfaisait amplement.
- Bien ! Comme je le pensais, ça va être très facile. Arrêtons-nous là un moment. J’ai quelque chose à te montrer.
Yan, dévoré par la curiosité, s’accroupit dans l’herbe encore humide de rosée. Corenn déplia une étoffe qu’elle avait amenée dans ce but et s’installa dessus, s’adossant contre le tronc d’un jeune lubillier. Elle tira sans hâte une pièce de sa bourse et la tendit au jeune homme.
- Pose-là par terre, sur la tranche. Où tu veux, mais assez près pour que je puisse la voir.
Le Kaulien s’exécuta en se demandant où la Mère voulait en venir. Si Rey avait requis de lui une telle chose, il aurait refusé de s’y prêter par crainte d’une plaisanterie.
- Recule-toi, maintenant. Et regarde bien la pièce.







