HeroicFantasy

The Hobbit

Extraits de "The Hobbit", de John Ronald Ruel Tolkien, 1937


"Une colline s’élevait à quelque distance, avec des arbres, par endroits assez épais. Du milieu de la masse sombre, ils virent alors briller une lumière, une lumière rougeâtre à l’aspect réconfortant, comme d’un feu ou de torches clignotantes.


 

Après un long moment de contemplation, ils se mirent à discuter. Les uns disaient « non », d’autres « oui ». Certains déclarèrent qu’il n’y avait qu’à aller voir et que tout valait mieux qu’un maigre souper, un petit déjeuner plus maigre encore et des vêtements humides pour la nuit entière.

 


D’autres répondirent : « Ces régions sont assez peu connues, et elles sont proches des montagnes. Les voyageurs viennent rarement par ici, à présent. Les vieilles cartes ne sont d’aucune utilité : les choses ont changé, en mal, et la route n’est pas gardée. Ils ont même à peine entendu parler dans ces parages, et moins vous vous montrerez curieux en les traversant, moins vous risquerez sans doute d’ennuis. »

 


Certains dirent : « Après tout, nous sommes quatorze. »

D’autres demandèrent : « Où est passé Gandalf ? »


Cette remarque, tout le monde la répéta. Et alors la pluie se mit à tomber à torrents plus forts que jamais, et Oïn et Gloïn commencèrent à se battre.


Cela décida de la question : « Après tout, nous avons un cambrioleur », dirent-ils.

Soudain, la lumière rouge brilla avec un grand éclat entre les troncs, à petite distance devant eux.


« C’est maintenant au cambrioleur d’agir, dirent-ils, entendant par là Bilbo. […] Sautez et revenez vite si vous le pouvez ! Et si vous ne pouvez pas, poussez deux ululements d’effraie et un de chouette, et nous ferons ce que nous pourrons.»"

Des Trolls

le 30/03/2006 à 23h15

"Bilbo dut partir, sans même pouvoir expliquer qu’il ne savait pas ululer, fût-ce une seule fois, à la manière d’aucune sorte de hibou qu’il n’aurait pu voler comme une chauve-souris.


Mais en tout cas, les hobbits peuvent se déplacer dans les bois sans faire de bruit, sans faire le moindre bruit. Ils en sont fiers, et Bilbo avait remarqué à plusieurs reprises au court de leur randonnée son dédain pour ce qu’il appelait « tout ce boucan de nains », quoique, je le suppose, ni vous ni moi n’aurions rien remarqué par une nuit venteuse, toute la cavalcade eût-elle passé à deux pieds de distance.[…] Il arriva donc jusqu’au feu – car c’en était un- sans déranger personne. Et voici ce qu’il vit.


Trois personnages de très forte carrure étaient assis autour d’un très grand feu de bûches de hêtre. Ils faisaient rôtir du mouton sur de longues broches de bois et léchaient la sauce sur leurs doigts. Ils avaient à portée de main un tonneau de bonne boisson et ils buvaient dans des pichets. Mais c’étaient des trolls. Manifestement des trolls. Même Bilbo pouvait le voir, en dépit de sa vie passée bien à l’abri : à leur grande et lourde face, à leur taille et à la forme de leurs jambes, sans parler de leur langage, qui n’était pas du tout, mais là pas du tout celui des salons.


« Du mouton hier, du mouton aujourd’hui et, le diable m’emporte ! ça m’a tout l’air de devoir être encore du mouton demain, dit un des trolls.


- Pas un sacré morceau de chair humaine depuis je ne sais combien de temps, dit un second. A quoi, bon Dieu ! pouvait penser William pour nous amener par ici, je me l’demande ; et la boisson va manquer, qui pis est » continua-t-il, poussant le coude de William qui prenait une lampée de son pichet."

" La ferme ! "

le 30/03/2006 à 23h22

"William s’étrangla : « Ferme ça ! dit-il aussitôt qu’il le put. Tu vas pas espérer que les gens vont toujours rester là uniquement pour se faire manger par toi et par Bert. A vous deux, vous avez dévoré un village et demi depuis qu’nous sommes descendus des montagnes. Combien qu’t’en veux encore ? Et la chance nous a pas mal servis, alors tu d’vrais dire : « Merci, Bill, pour un bon morceau de mouton gras de la vallée comme celui-ci. »


Il mordit à belles dents dans un gigot qu’il rôtissait et s’essuya les lèvres sur sa manche.[…]


Bert et Tom allérent au tonneau. William prenait encore un pot. Bilbo rassembla alors tout son courageet mis sa petite main dans l’énorme poche de William. Il y avait là un porte-monnaie, pour Bilbo aussi grand qu’un sac : « Ha ! voilà toujours un commencement ! » pensa-t-il, s’échauffant pour son nouveau travail, tandis qu’il tirait soigneusement l’objet."

"C’était bien un commencement ! Les porte-monnaie de trolls ont de la malice, et celui-ci ne faisait pas exception.


« Holà, qui êtes-vous ? fit-il d’un ton aigu, comme il sortait de la poche.

- Crénom ! Regarde un peu ce que j’ai attrapé, Bert ! dit William.

- Qu’est-ce que c’est ?

- Du diable si je le sais ! Qu’est-ce que t’es ?

- Bilbo Baggins, un camb… un hobbit », dit le pauvre Bilbo, tremblant de tous ses membres et se demandant comment faire des bruits de chouette avant d’être étranglé."

 

... ainsi que 12 Nains !

le 30/03/2006 à 23h24

"Les nains avaient entendu de loin des bruits et, après avoir attendu un moment le retour ou le ululement de Bilbo, ils étaient partis l’un après l’autre en rampant le plus silencieusement possible vers la lumière.


A peine Tom eût-il vu paraître Balïn qu’il poussa un affreux hurlement. Les trolls détestent tout simplement la vue des nains (quand ils ne sont pas cuits). Bert et Bill arrêtèrent instantanément le combat pour s’écrier : « Un sac, Tom, vite ! »


Ce fut alors que Gandalf revint. Mais personne ne le vit. Les trolls venaient de décider de rôtir les nains tout de suite pour les manger plus tard : l’idée venait de Bert, et, après une longue discussion, tous s’y étaient ralliés."

Une voix ...

le 30/03/2006 à 23h26

"« Pas la peine de les rôtir maintenant, ça prendrait toute la nuit », dis une voix.

Bert crut que c’était celle de William.


« Ne reprends pas toute la discussion, Bill, dit-il, sans quoi il y faudrait en effet toute la nuit.

- Qui donc discute ? dit William, croyant que c’était Bert qui avait parlé.

- Toi, dit Bert.

- Tu mens », dis William.

Et la discussion reprit de plus belle. Finalement, ils décidèrent de hacher menu les nains et de les faire bouillir. Ils sortirent donc une grande marmite noire et tirèrent leur couteau.

« On ne peut pas les faire bouillir ! On n’a pas d’eau, et le puits est au diable », dit une voix.


Bert et William crurent que c’était celle de Tom.


« La ferme ! dirent-ils. On n’en finira jamais. Et tu iras chercher l’eau toi même, si tu l’ouvres encore.

- La ferme toi même ! dit Tom, qui pensais que c’était la voix de William. Qui discute, sinon toi, je voudrais bien le savoir !

- Tu n’es qu’un idiot, dit William.

- Idiot toi-même ! » dit Tom.

Et la discussion reprit de plus belle et se poursuivi plus chaude que jamais jusqu’à ce qu ‘enfin ils décidèrent de s’asseoir sur les sacs l’un après l’autre pour les écraser, et les faire bouillir ultérieurement."

... et trois trolls de pierre !

le 30/03/2006 à 23h27

"« Par lequel  on va commencer ? dit une voix.

- Le mieux est de commencer par le dernier bonhomme », dit Bert, dont l’œil avait été endommagé par Thorïn.

Il croyait que c’était Tom qui parlait.


« Ne parle pas tout seul ! dit Tom. Mais si tu veux t’asseoir sur le dernier, fais-le. Lequel est-ce ?

- Celui qui a des bas jaunes, dit Bert.

- Allons donc, c’est celui qui a des bas gris, dit une voix semblable à celle de William.

- J’ai bien vu qu’ils étaient jaunes, dit William.

- Alors pourquoi qu’t’as dit qu’ils étaient gris ? dis Bert.

- J’ai jamais dit ça. C’est Tom qui l’a dit.

- Jamais de la vie ! dit Tom. C’était toi.

- Deux contre un, alors boucle-là ! dit Bert.

- A qui qu’tu cause ? dit William.

- Oh ! assez, dirent Tom et Bert ensemble. La nuit s’avance et l’aube vient de bonne heure. Finissons-en.

- Que l’aube vous saisissent tous et soit pour vous de pierre ! » dit une voix qui sonnait comme celle de William.


Mais ce n’était pas elle.


Car juste à ce moment, la lumière parut au-dessus de la colline, et il y eut un puissant gazouillis dans les branches. William ne souffla mot : il avait été pétrifié là, tandis qu’il se baissait ; et Bert et Tom avaient été plantés comme des rocs pendant qu’ils se regardaient.


Et ils se dressent encore là à ce jour, tout seuls, à moins que les oiseaux ne perchent sur leur personne ; car vous le savez sans doute, les trolls doivent se trouver sous terre avant l’aurore, ou ils retournent à la matière des montagnes dont ils sont sortis et ne font plus un mouvement."

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